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 3.12  La progression chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   




Plusieurs seront portés à croire que la douleur est le principal indice pour évaluer la guérison d'une blessure. Tragiquement, les interventions qui visent avant tout un effet analgésique (le masquage des symptômes) le font souvent au détriment de notre bien-être et de notre autonomie à long terme. Nul ne pourrait survivre sans l'existence de la douleur. Tout en étant des plus désagréable, et c'est là une de ses principales fonctions, la douleur est une alliée et non pas notre ennemie. Elle signale spécifiquement l'apparition ou l'aggravation d'une lésion, mais son absence n'est pas un indicateur de guérison.

Artiste: Quantika

Prenons l'exemple d'une fracture simple. Initialement, une douleur aiguë apparaît pour signaler une rupture d'intégrité. Dès le lendemain, la douleur initiale est généralement disparue; pourtant, les dommages sont toujours présents. La raison est simple. Une lésion en voie de guérison (balance positive) ne fait pas mal, à moins de nuire à la guérison, par exemple, en bougeant l'endroit de la fracture, ce qui aurait pour effet d'intervertir subitement la balance positive en balance négative, d'où la douleur.

De plus, il est démontré que pour 80 % des blessures sans aggravation, la phase aiguë initiale peut durer jusqu'à douze semaines. Après quoi, si la cause réelle demeure inchangée et que la balance négative prédomine, l'intelligence innée déclenche les mécanismes de compensation pour contrebalancer la dégénérescence des tissus. Contrairement à l'adaptation, le mécanisme de compensation implique toujours une perte de fonction et une réorganisation de l'architecture du tissu lésé. Dans le cas d'une articulation, la compensation entraîne un élargissement de la surface du joint pour en accroître la stabilité au détriment de la mobilité. C'est le processus arthrosique : le développement de l'arthrose.

Dans cette phase, fréquemment appelée chronique, l'intensité et la fréquence des douleurs diminuent, parfois à un point tel qu'elles sont faussement interprétées comme étant la preuve d'une guérison, et ce, malgré l'apparition des premiers signes de fragilité et de perte d'autonomie.

L'évolution des soins doit être évaluée sur la base objective du retour fonctionnel. Concrètement, le progrès se manifeste par l'observation d'une réduction de l'intensité des blocages : les subluxations vertébrales. Cette diminution des effets du stress subjectif sur le pattern d'asymétrie vertébrale détermine l'intervalle de contrôle qui doit assurer le maintien d'une balance positive, responsable de la guérison des dommages et de la régénérescence continue de l'organisme.

Cela se traduit par un espacement des ajustements pour atteindre un plateau, c'est-à-dire une fréquence qui, de nos jours, excède rarement une visite par mois. Cet intervalle n'est pas qu'une démarche préventive, mais correspond, pour la plupart, à la fréquence efficace pour réduire les effets nuisibles du stress subjectif sur notre santé et bien-être. Par comparaison, si quelqu'un ne se brossait les dents qu'une fois par semaine, il pourrait rapidement outrepasser la limite d'efficacité où un brossage ne peut plus le protéger contre les dommages accumulés durant cet intervalle.




 3.13  La résolution de la cause chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   




Le but premier d'une décision n'est jamais de se faire du mal. L'emprise de la souffrance indique que les conséquences produites sont différentes de celles anticipées. Si nous aurions pu autrefois accuser des forces invisibles, malicieuses, capricieuses ou divines d'avoir volontairement manipulé la réalité pour nous punir ou nous dominer, nous savons aujourd'hui que la souffrance est le fruit d'une suite de conséquences dont l'origine se situe au niveau de notre point de vue. Autrement dit, la séquence qui aboutit à de la souffrance débute par une croyance.

Artiste: Janet Parke Preslar

La difficulté réside ici dans le fait que, machinalement, nous isolons les évènements qui nous indisposent. Nous effectuons une dissociation en transposant l'évènement à l'extérieur de sa séquence naturelle comme s'il s'agissait d'un élément séparé, d'une erreur isolée, d'un accident1 dont nous serions subitement victimes.

Imaginons un jeune homme se blessant au bas du dos suite à l'effort déployé pour soulever une charge beaucoup trop lourde. Il justifie le résultat par l'importance de la charge comme si c'était la cause de sa blessure. Pour sa défense, il plaidera en faveur de la stupidité, de la négligence, d'un accident ou d'une erreur.

Il n'avait pas l'intention de se blesser, seulement de soulever seul la charge. En réalité, la cause de sa blessure est sa croyance en l'effet que, pour se protéger dans la vie, il doit éviter de paraître faible ou vulnérable et toujours se débrouiller sans jamais demander d'aide. Notez bien que la probabilité de cette blessure apparaît avec la croyance. Sans cette dernière, le risque de se blesser en s'entêtant à soulever seul une charge trop lourde n'existe pas. La croyance engendre et perpétue le risque, la prédisposition aux blessures et à la souffrance, car même si ce jeune homme cessait de soulever des charges lourdes, il n'éliminerait pas tous les risques associés à sa croyance.

Pour contrer ce réflexe de dissociation et pour favoriser une démarche progressive, nous avons développé un exercice : la marche systémique. D'une pratique, simple et rapide, elle facilite la recherche et l'exploration des faits et l'analyse de situations, dans un objectif de résolution de la cause et de prise de décision.

Dès les premiers signes de souffrance ou de douleur, la marche systémique sert à désactiver rapidement la séquence de stress subjectif. Cette désactivation se confirme par une réduction immédiate et substantielle des symptômes. Également, il servira lors d'une succession de situations stressantes à mettre en lumière un dénominateur commun. Ce dernier permettra de cibler la croyance en cause. L'identification en facilitera la désintégration pour ainsi réduire ou éliminer les risques qui lui sont associés.

Rappelons-nous qu'une croyance est un illogisme et que, lorsqu'elle participe à notre évaluation d'une situation, elle produit une incongruité, soit l'équivalent d'un désordre. Ce dernier est précisément le facteur déclenchant du stress subjectif. Celui qui cause les dysfonctions vertébrales, la dégénérescence et la prédisposition aux blessures.

En bref, la résolution de la cause est la rectification de notre point de vue. Elle a pour effet la réduction ou l'élimination des facteurs de risque. Les gains sont cumulatifs et permanents car on ne peut désapprendre ce qui est maintenant compris.


1- Accident : ce dit de quelque chose ou un évènement isolé qui est présumé survenir par hasard, par chance.
Paronyme : Incident : ce dit de quelque chose ou un évènement qui survient souvent de manière inattendue et en rapport avec autre chose. Contrairement à un accident qui requiert de croire au hasard, la notion d'incident s'intègre dans une suite d'évènements, dans une séquence intelligible.




 3.20  Des soins pour qui? chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



À l'exception des gens souffrant en particulier de certaines pathologies graves du système squelettique, du système vasculaire cervical, de fractures vertébrales instables ou de métastases osseuses, les soins de l'axe neurovertébral sont indispen-sables, et ce, dès les premiers jours de la vie.

Artiste: Sanford Kennedy

Pour cause, l'embryon humain n'est pas qu'une semence qui germe passivement. À l'âge de 24 semaines, il rêve et il est capable de distinguer et de réagir à différentes sources de stimulations telles la musique ou la voix de sa mère. Durant la période prénatale, le stress maternel, par l'intermédiaire de l'axe neuro-endocrinien, affecte son développement et ses réponses ultérieures au stress1. Selon le Dr Boris Cyrulnik, neuropsychiatre : " La sécurité affective commence à se construire dans les six dernières semaines de la grossesse… ". Ainsi, le cerveau fœtal se construit une banque de données, un répertoire de base à partir duquel il apprendra à composer avec son nouvel environnement. Le transfert primitif des connaissances et des croyances est en opération.

Ajoutons les risques associés à l'accouchement et nul ne sera surpris d'apprendre que la majorité des nouveau-nés présentent déjà des subluxations vertébrales le plus souvent localisées dans la région cervico-dorsale. En plus des répercussions sur le développement à long terme de l'appareil cérébro-spinal, ces blocages en bas âge sont fréquemment associés à des déficits des systèmes nerveux, auditif, respiratoire, digestif, urinaire et immunitaire.

Entre 10 et 16 mois, parmi ses exploits les plus spectaculaires, l'enfant apprendra à marcher. Afin de maintenir son équilibre, les subluxations cervico-dorsales seront compensées par l'apparition d'un ensemble de déformations parcourant la colonne vertébrale en entier. Ainsi, contrairement à l'image traditionnelle d'une colonne droite, la majorité des enfants développe une scoliose fonctionnelle. Ces compensations sous formes de déviations entraînent un développement asymétrique de tout l'appareil vertébral.

Il en résulte, rappelons-le, une distribution inégale du stress mécanique. Les vertèbres les plus vulnérables seront les plus touchées par les effets du stress subjectif et c'est précisément ces segments qui souffriront d'usure prématurée et d'arthrose. Si l'arthrose est une des composantes de la subluxation vertébrale, cette dernière englobe les déficits neurologiques, biomécaniques et physiologiques locaux et périphériques qui l'accompagnent.

Ainsi, la plupart des lésions vertébrales dégénératives apparaissant dans la vie adulte débutent dès l'enfance.


1- The maternal-neonatal neuro-immune interface: Are there long-term implications for inflammatory or stress-related disease? Nola Shanks and Stafford L. Lightman. J Clin Invest, December 2001;108(11), 1567-1573.




 3.21  Les enfants chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



À l'enfance, la principale source potentielle de stress et d'insécurité est l'environnement familial, et ce, sans même qu'il soit nécessaire de comprendre les situations stressantes.

Artiste: Larry Page

L'enfant apprend par l'exemple, c'est-à-dire par l'intermédiaire de la reconnaissance, la représentation et la modélisation. Pour la durée de son apprentissage, il a, au minimum, une personne significative à partir de laquelle il fonde son estime de soi et sa vision (modèle) du monde. Vous comprendrez que le point de vue du parent et de l'enfant sont intimement liés. Ainsi, les mécanismes du stress subjectif, responsables des subluxations vertébrales, pourront être similairement transmis et reproduits chez l'enfant.

Cette personne significative est un atout précieux. Elle est un élément essentiel de l'équation, de la cause et de la solution. C'est pourquoi nous acceptons de soigner les enfants âgés de moins de quatorze ans dont au moins un parent est activement sous nos soins. Depuis plus d'une quinzaine d'années, cette mesure a permis d'observer une réduction substantielle de la détresse infantile et une amélioration importante de la qualité des interactions et de la communication parent enfant.




 3.30  Le risque chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



Toute décision ou activité, incluant l'inaction, comporte ce qui est communément appelé un risque. Ce dernier fait suite à la compréhension incomplète d'une situation et représente une probabilité dont les effets seraient indésirables. Le risque zéro n'existant pratiquement pas, un bénéfice ne peut s'acquérir sans risque. Celui-ci devient acceptable lorsqu'il est réduit à un niveau tolérable ou que le risque potentiel associé aux différentes options disponibles a été évalué et comparé.

Dans le domaine de la santé, le législateur oblige les professionnels à informer les patients des risques que comportent leurs interventions. Toute intervention dont l'approche ou la méthode vise un bris de l'intégrité physiologique, par exemple une incision, un médicament ou l'électrothérapie (stimulateur, ultrasons, laser, etc.), engendre de par sa nature des risques, incluant des effets secondaires qui n'existeraient pas sans l'application de ces méthodes. Dans cette perspective, le consentement est tout à fait justifié d'autant plus que le risque est élevé.

L'intervention chiropratique se distingue par le fait qu'aucun bris de l'intégrité n'est recherché. D'ailleurs, c'est le maintien de l'intégralité du patient qui est au cœur de l'approche et de la méthode chiropratique.

Cela dit, certaines conditions préexistantes, comme certains cancers osseux ou métastatiques ou l'athérosclérose des artères vertébrales, causent des dommages pouvant être exacerbés par des mouvements rapides, incluant les ajustements vertébraux. L'accident vasculaire cérébral (AVC) est l'incident le plus sérieux.

Selon les statistiques médicales1, le risque d'une complication suite à une manipulation vertébrale se situe autour de 1 incident par 5.85 millions. À noter que ces chiffres incluent les manipulations effectuées par de nombreux intervenants, incluant des médecins qui se prétendent qualifiés à imiter la méthode chiropratique. Par comparaison, l'usage des anti-inflammatoires non stéroïdiens (ex. Aspirine, Ibuprofène, Aleve, Celebrex) cause à lui seul une incidence de 1,000 complications sérieuses et entre 100 et 200 décès par million de cas traités. La méthode chiropratique présente un rapport bénéfice / risque supérieur.


1- 1- Canadian Medical Association Journal, Vol 165, No 7, 905-906, 2001.




 3.40  L'alternative chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



Notre organisme est soit extraordinaire-ment stupide et requiert l'assistance de la technologie de l'homme pour combler ses défaillances ou il est extraordinairement intelligent et nous informe systématiquement des besoins et ressources nécessaires au maintien de son intégralité. Voici le principal argument sur lequel la chiropratique et la médecine sont diamétralement opposées.

Artiste: Janet Parke Preslar

Même si la méthode utilisée en recherche biomédicale est rigoureusement scientifique, la médecine ne l'est pas. Son existence est fondée sur une croyance : le mal. Un ennemi contre lequel elle mène littéralement une guerre, un combat. À cette fin, elle pratique une dissociation en isolant, du reste de l'organisme, une partie présumée défaillante. Ainsi morcelé, elle déshumanise le contexte et dépersonnalise les données afin d'obtenir le consentement à l'assaut de cet ennemi dont nous serions porteurs. Par exemple, l'inflammation est un mécanisme complexe et indispensable visant la protection et la guérison d'un tissu blessé. Pourtant, les anti-inflammatoires sont prescrits comme s'il s'agissait d'une maladie. Ces substances s'attaquent à des fonctions parfaitement normales. C'est le paradoxe médical, la lutte contre la maladie par le mal, c'est-à-dire par des substances qui rendraient un être sain malade. La médecine s'attaque à des signes et symptômes dont la cause lui est inconnue.

Pour la chiropratique, l'objectif visé est la promotion et le respect de l'intégralité de la personne. Elle reconnaît l'intelligence, l'ordre à l'origine de l'expérience du patient. Ce dernier est un être complexe et rationnel dont la douleur et la souffrance démontrent la proximité et la nécessité de la solution, à savoir la compréhension et la transformation réelle de la cause et de ses conséquences. En chiropratique, le soulagement n'est pas le fruit de la lutte contre des signes et symptômes, mais le produit naturel d'une intervention systémique.





 3.50  Conclusion chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



Nous avons glorifié la poursuite de l'indépendance, d'une pseudo invulnérabilité à partir d'un modèle primitif et dualiste comme si nous étions isolés les uns des autres.

Artiste: Gennaro Composano

En réalité, notre codépendance envers nos semblables et notre environnement est absolue. Tout ce qui existe est fondé sur une dynamique, un échange perpétuel selon un ordre et une séquence qui ne relèvent pas de notre autorité. Cet ordre est l'ultime garantie que notre existence et notre destinée sont essentiellement compréhensibles, que le bien-être et notre autonomie s'insèrent dans le dynamisme de cette séquence.

Toute interférence à l'expression de notre intégralité se traduira par l'activation de la souffrance : un signal ponctuel indiquant la nécessité d'un changement essentiel à notre continuité et à notre avancement. Il n'est donc plus question de choisir contre quoi se battre ou avec qui se défendre, mais d'opter pour une démarche saine, efficace et constructive.

Autrefois, les gens croyaient que l'incapacité physique, la perte d'autonomie et la démence étaient le dessein inévitable de la vieillesse. Aujourd'hui, nous savons que le maintien de notre qualité de vie est directement relié aux actions et aux habitudes visant à répondre favorablement à nos besoins.

À cet effet, l'approche systémique est unique et sans précédent. Notamment, elle nous permet de :

  • Découvrir le contrôle de la douleur.
  • Faciliter le retour fonctionnel.
  • Promouvoir notre autonomie.
  • Protéger activement notre avenir.




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