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 2.16  La subluxation vertébrale chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   




Le stress objectif provoque une réponse immédiate et n'affectera donc pas directement, à moyen ou long terme, la santé et le bien-être de la personne.

C'est essentiellement le stress subjectif qui, pouvant être maintenu pour de longues périodes, a le pouvoir d'interférer sur le fonctionnement global et périphérique de l'organisme. Non seulement en a-t-il le pouvoir, c'est une de ses principales fonctions que de provoquer des malaises, des symptômes et ultimement, la dégénérescence de l'organisme. Au niveau périphérique, les structures vertébrales sont parmi les premières ciblées.

La conséquence primaire

L'activation du stress subjectif génère une augmentation involontaire et soutenue de la tension musculaire (hypertonie), incluant les muscles postérieurs du dos, du bassin et du cou. À l'endroit de la colonne vertébrale, ceci se traduit par une compression anormale et une immobilisation graduelle des vertèbres les plus vulnérables, résultant d'un phénomène biochimique de succion.

Segment vertébral
Fig. 3. Segment vertébral. A. Vue de côté, notez le trou de conjugaison (T) formé de la jonction de deux vertèbres et d'où émerge la racine nerveuse (R). B. Vue de haut. C. Section de moelle épinière (M) exposant le réseau de fibres (fascicules, voir Fig.4) à l'origine des racines nerveuses (R).

Cette réaction entraînera un blocage et, par la suite, une usure anormale (arthrose) des articulations vertébrales et discales qui dépendent du mouvement pour se nourrir. De plus, l'immobilité vertébrale, la distension discale et les dommages articulaires à proximité des trous de conjugaison (Fig.3), interfèrent sur la transmission des données à l'endroit des racines nerveuses.

Racine nerveuse
Fig.4 Anatomie d'une racine nerveuse. Notez l'organisation de milliers de nerfs en fascicules qui se regroupent pour former une racine nerveuse.

Lorsqu'on fait référence à un nerf coincé, il s'agit d'une racine nerveuse, et elle contient jusqu'à six cent mille nerfs (Fig.4). Elles émergent par paires, entre chaque vertèbre, pour atteindre tous les tissus et organes du corps humain. Ainsi, chaque segment vertébral agit comme un relais de distribution du contrôle neurologique périphérique.

La première conséquence observable et vérifiable d'un stress subjectif persistant est le blocage vertébral, c'est la conséquence primaire, le premier domino à tomber. Cette découverte est à l'origine de la science chiropratique, elle se nomme traditionnellement une subluxation vertébrale. Elle a le potentiel de réduire ou d'interrompre la transmission de l'influx nerveux, à savoir les informations en direction de l'intelligence innée et les commandes en provenance de celle-ci. En absence d'une balance négative, cette phase est indolore.


Les conséquences secondaires

Par la suite se développera la cascade (l'effet domino) des conséquences secondaires. Il s'agit de la 'dés-intégration' des tissus touchés par l'effet périphérique des conséquences primaires (Fig.5).

Racine nerveuse
Fig.5 Ce tableau illustre, en partie, les ramifications entre différents segments de la moelle épinière et les structures et fonctions périphériques sous leurs contrôles.

À ce stade, les effets cumulatifs se manifestent par de la douleur, des symptômes, de la dégénérescence et une perte progressive d'autonomie. Ces signes apparaissent fréquemment d'une façon insidieuse, sans que le patient puisse en expliquer l'origine ou faire le rapprochement avec les conséquences primaires.

En considérant le développement vertébral asymétrique propre à chacun, les conséquences secondaires touchent essentiellement les mêmes segments, tissus ou organes avec une fréquence ou une intensité accrue. Par conséquent, un stress peut provoquer, de façon consistante, chez un des maux de dos, chez l'autre des maux de tête, d'estomac, de l'asthme, des sinusites, ou une crise d'arthrose.

Le tableau peut sembler sinistre, mais, en réalité, une compréhension systémique de la situation ouvre la porte à la solution. En pratique, la modification des conséquences primaires couplée à l'introduction d'une utilisation judicieuse du mécanisme du stress subjectif devrait permettre non seulement de contrôler, de réduire ou d'éliminer les symptômes, mais de ralentir, d'arrêter ou de renverser le processus dégénératif.

Ainsi, pour éviter de prolonger ou de répéter une conséquence dommageable nous devrons inévitablement modifier la cause. Ce qui fait appel au choix de réponses, à la notion de responsabilité.




 2.17  La responsabilité chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   


Le terme responsabilité est souvent confondu avec culpabilité. Si je dis à quelqu'un qu'il peut être responsable de sa souffrance, il me répondra : " Ce n'est pas ma faute ! ". La raison est simple. Le point de vue dualiste interprète la souffrance comme étant la conséquence d'une erreur ou d'une faute. Si cette dernière est la nôtre, nous en sommes coupables, autrement, nous en sommes victimes.

Dans un cas comme dans l'autre, on ignore totalement la cause réelle, l'initiateur de la conséquence. Toute approche dualiste, qu'il s'agisse de médecine traditionnelle ou douce, veut lutter contre une conséquence, combattre une erreur, un mal, un désordre ou un déséquilibre par des interventions présumées scientifiques, voire naturelles. Elle cherche à isoler et à traiter une défaillance, un désordre dont le patient serait porteur.

L'approche systémique propose une avenue différente et unique. Si une conséquence est accompagnée de stress subjectif, la décision en cause doit aussi être prise en considération. Ici, le mot responsabilité référera à son sens étymologique : habilité à répondre. Pour ce faire, nous devons avoir accès à un choix de réponses. Ce qui oblige souvent à réviser notre point de vue ou, du moins, notre interprétation de la situation en litige. En modifiant la réponse, la décision, nous assistons à la transformation responsable de la conséquence.

Cette stratégie permet de poursuivre des solutions intelligentes, logiques et constructives qui respectent le vécu et l'expérience de l'individu.




 2.18  Récapitulation chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   




L'intégralité d'un organisme vivant repose sur la complémentarité de trois composantes, soit une séquence, des ressources et une intelligence innée. Cette dernière agit comme contrôleur du système entier. L'être humain possède une caractéristique supplémentaire, soit une conscience virtuelle qui lui permet de développer sa propre interprétation de la réalité, son propre point de vue. Celui-ci conditionne les prises de décision. Celles fondées sur des croyances entraînent des comportements ou des réactions à risque.

Le stress subjectif nous informe de l'éventualité d'une décision inappropriée et dangereuse ainsi que de la nécessité d'entreprendre une démarche responsable. En absence d'une réévaluation de notre perception, les effets du stress subjectif toucheront initialement la biomécanique vertébrale et, par la suite, atteindront les structures périphériques (effet domino), provoquant la dégénérescence des tissus.





 3.00  La solution pratique



 3.10  La démarche clinique chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



L'expérience clinique démontre clairement que la majorité des conditions observées lors de l'examen exhibe un lien direct et spécifique entre la localisation des blocages à la colonne et les symptômes du sujet. Ainsi le nouveau patient est souvent surpris d'apprendre la ramification entre différents malaises et l'emplacement de ses subluxations vertébrales.

Scoliose
Fig.6. Exemple de développement asymétrique.

L'ensemble des blocages se reproduit selon un patron spécifique à chacun. Contrairement à la représentation usuelle, la colonne vertébrale se développe de façon asymétrique, ce qui semble correspondre à l'observation selon laquelle les premières subluxations vertébrales apparaissent très tôt, avant l'âge de marcher. Conséquemment, pour la majorité de la population, se développe une déviation (Fig.6) de la colonne, c'est-à-dire une dissymétrie (scoliose) formée de courbes de compensation servant à maintenir l'équilibre. La distribution inégale des forces prédisposerait certaines vertèbres à une contrainte mécanique supplémentaire. Vulnérables, ces dernières seraient les premières à se bloquer lors de l'activation prolongée du stress subjectif.

Rappelons ici, qu'initialement la majorité de ces blocages ne cause pas de douleur, mais un déficit fonctionnel. Les effets de ce dernier s'accumulent et lorsqu'ils excèdent la limite critique (balance négative), les symptômes apparaissent. C'est pourquoi, un simple geste peut parfois précipiter une crise, créant l'illusion d'un faux mouvement. Pourtant, ce n'est que la goutte qui fait déborder le vase. Pour plusieurs, les symptômes se manifesteront à distance, soit à l'endroit des tissus ou organes dont l'innervation est compromise, c'est-à-dire les conséquences secondaires.

Une stratégie efficace doit non seulement faire face aux conséquences primaires et secondaires, mais inclure une démarche systémique articulée en fonction d'une résolution de la cause fondée sur l'utilisation judicieuse du stress subjectif.

À cet effet, nous avons développé une procédure précise, concrète et structurée. Cliniquement, la stratégie est la suivante :


I - L'introduction

Présenter le point de vue objectif et non dualiste des soins de la santé. Le document " La douleur vertébrale " a été conçu à cette fin. Expliquer les notions d'intégralité et de responsabilité en rapport avec le bien-être et l'autonomie. Définir la nature bénéfique des mécanismes du stress et de la douleur. Mettre en évidence les caractéristiques distinctes et les avantages uniques d'une approche systémique.

II - L'examen

Procéder à l'anamnèse et à la sémiologie clinique. Effectuer une étude approfondie comprenant l'examen physique, orthopédique, neurologique et biomécanique pour localiser les conséquences primaires : les subluxations vertébrales. Discuter de leurs ramifications avec les conséquences secondaires : les symptômes. Établir l'indication des soins ou procéder à la référence. Formuler les recommandations et instruire le patient sur les étapes de son évolution.

III - L'ajustement

Effectuer la réduction spécifique de l'ensemble des subluxations vertébrales. D'une précision élevée, nos techniques permettent d'isoler chaque segment dysfonctionnel et d'effectuer une décompression dans les axes de mouvements compromis sans jamais excéder les limites naturelles.

IV - Le suivi

Assurer la progression du patient et répondre à ses questions. Les indicateurs biomécaniques tels la tonicité musculaire, la résistance ligamentaire, l'amplitude de la mobilité articulaire, les contraintes mécaniques arthrosiques et discales ainsi que l'asymétrie fonctionnelle servent à évaluer objectivement les progrès, et à modifier si nécessaire les recommandations ainsi qu'à préciser l'intervalle du suivi.

V - L'orientation

Faciliter la résolution de la cause en orientant la démarche du patient. Cultiver la conscientisation. Renforcer la responsabilisation par l'intermédiaire d'une saine introspection et d'une réflexion constructive. Encourager la maîtrise de l'exercice heuristique servant à désamorcer efficacement le stress subjectif et à développer le contrôle face à la douleur.



 3.11  La méthode chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



L'objectif premier est le rétablissement de la balance positive, essentielle à la régénération des tissus et à l'atténuation des risques de séquelles permanentes. À cette fin, il faut réduire les dysfonctions vertébrales et instaurer un intervalle de contrôle.

Artiste: Sylvie Gallet

La correction s'effectue par l'intermédiaire de l'ajustement vertébral. Il s'agit de la réduction manuelle et précise des subluxations vertébrales dont le fameux " crac " sonore qui provient de la décompression rapide et nécessaire du mécanisme de succion. Cette intervention est indispensable à la rectification de la mobilité articulaire et de la transmission de l'influx nerveux. Chaque vertèbre influence la mécanique de l'ensemble de la colonne. Le rétablissement fonctionnel doit donc inévitablement tenir compte du pattern complet de subluxations et non se limiter aux segments présentant actuellement des symptômes.

La proximité des premières visites pour ajuster de nouveau les dysfonctions vertébrales n'est pas due au fait que celles-ci étaient depuis longtemps habituées à leurs positions bloquées. Les vertèbres n'ont pas de mémoire. Si l'emplacement des blocages est associé au développement asymétrique de la colonne, leur présence répétitive est directement reliée à l'activation prolongée du stress subjectif. À cet effet, nous avons développé un exercice rapide et efficace afin de désactiver naturellement le stress subjectif. Son application assidue résultera en une diminution objective de l'intensité et de la fréquence des blocages, permettant ainsi de distancer le suivi.

L'espacement des visites est déterminé par l'intervalle de contrôle, période relative pour laquelle les vertèbres demeurent mobiles plus longtemps qu'elles sont bloquées. Par conséquent, la balance positive domine : les lésions cicatrisent et guérissent. La résistance diminue et l'ajustement des subluxations vertébrales devient de plus en plus facile, permettant ainsi d'augmenter l'intervalle. L'espacement prématuré du suivi viendrait anéantir ces gains.



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