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 1.23  Le combat chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   


Depuis notre enfance, nous n'avons cessé de lutter. La peur du mal : le danger de mal agir ou qu'il nous arrive quelque chose de mal, est omniprésente. Même lors d'événements heureux, nous ne faisons que dissimuler temporairement notre peur et, pour cause, une réussite n'éliminera jamais le risque subséquent de faillir.

Artiste: Neil Blevins

"Le fruit de la lutte en gardera toujours la saveur."

Le désordre est véhiculé symboliquement par l'entremise de la chance, de la malchance, de la malfaisance ou du hasard. Tous nos échecs et réussites en sont teintés. Historiquement, est considéré adulte celui qui a appris à se battre et à se défendre. D'ailleurs, nous accordons beaucoup plus de valeur à ce qui est obtenu par la lutte que par la facilité. La dualité engendre un combat constant pour dissimuler nos propres failles ou pour esquiver les caprices imprévisibles du désordre. Nous sommes continuellement sur un pied d'alerte. La moindre épreuve nous déstabilise et, même si certaines personnes le dissimulent plus facilement, les effets n'en sont pas moins dommageables.

La lutte de pouvoir se traduit par une tension communément appelée stress : une composante universelle de la souffrance et de la détresse humaine.




 1.24  La souffrance chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



Avant d'aller plus loin, nous allons brièvement distinguer la notion de peine et de souffrance. La peine est une sensation normale en réaction à une perte. Elle ne met pas en péril notre intégrité, mais déclenche une période d'adaptation au changement.

Pour les fins de ce document, le mot souffrance désigne la rupture du bien-être. Il est synonyme d'inconfort incluant les douleurs psychiques, telles le stress, la tension ou l'anxiété, et les douleurs physiques. Du point de vue dualiste, la souffrance est la conséquence du mal : un désordre provenant d'une erreur, d'un défaut, d'une faille ou d'une faiblesse dans la structure ou dans le fonctionnement de notre organisme. La réalité est tout autre...

La souffrance est une alarme prioritaire qui nous avertit que la balance positive, l'équilibre d'un tissu est rompu. Une activité est présentement ou potentiellement dommageable ou elle porte atteinte à notre intégralité. La souffrance polarise notre attention, modifie nos priorités et vise à en rectifier la cause et non pas à en dissimuler les effets. Son origine est cérébrale. En réalité, il n'y a que le cerveau qui puisse éprouver une sensation, incluant toutes les douleurs psychiques et physiques. Incidemment, l'emplacement d'une sensation est l'effet d'une projection, entièrement virtuelle. Si on pouvait interchanger les nerfs de la main droite avec ceux de la main gauche, une blessure à une main serait ressentie dans l'autre. Ainsi, la douleur vertébrale se situe dans le cerveau et non au siège de la lésion !




 1.25  Les décisions chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   




En excluant le cerveau (le système nerveux central), notre corps n'a pas la capacité de prendre de décisions. Toutes les cellules de notre corps ne réagissent qu'à deux facteurs.


  • Les automatismes,
  • en réponse à des signaux, physiques ou
    chimiques, génétiquement préprogrammés.

  • Les directives,
  • en provenance du cerveau et transmises par
    l'intermédiaire des circuits nerveux périphériques et de l'axe hormonal.

Tableau 2. Facteurs de contrôle.


Ainsi, les cellules, tissus et organes du corps humain, ne peuvent prendre d'initiative. Pour cause, leur existence n'est assurée que par leur appartenance à un organisme. La seule structure consciente et responsable de l'activité de l'ensemble du corps humain est le système nerveux central. Il est le seul à décider et à répondre non pas en faveur de ses propres exigences, mais en faveur des besoins de l'organisme en entier. Toute prise de décision relève exclusivement de l'activité cérébrale.

En excluant les modifications génétiques, l'exposition aux radiations ou l'absorption involontaire d'éléments toxiques, la plupart des affections qui touchent l'être humain sont évitables. Par exemple, près des trois quarts des décès sont reliés à l'obésité, à l'alcool et au tabagisme. Ils sont associés à des comportements à risque qui, nécessairement, font suite à une prise de décision.

Les décisions dommageables sont fondées sur les… désirs ! Ces derniers engendrent le risque de blessures et menacent l'intégralité de la personne.





 1.26  Les besoins et les désirs chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



Contrairement à un désir, un besoin ne comporte pas de risque car il est issu de l'ordre, de notre intelligence interne (innée). Les besoins sont les éléments indispensables à la conservation de notre intégralité. Ils sont dérivés de la séquence responsable de notre développement physique et psychique.

Artiste: Joseph Miller

Un désir se distingue par le fait qu'il est issu de la dualité, de l'illusion de devoir compléter ce qui semble nous manquer, d'éliminer ce qui nous semble mauvais ou, du moins, de le dissimuler sous une image favorable. L'illusion est tellement persuasive que l'on privilégie l'assouvissement de nos désirs pour le bénéfice supplémentaire de calmer temporairement la souffrance qu'occasionne la croyance qui les supporte.

Les décisions basées sur les désirs ne peuvent être les mêmes que celles fondées sur les besoins. Cette distinction est capitale. Elle nous permet de prendre conscience du fait que les décisions en faveur de nos besoins sont la clé d'accès à notre bien-être et à notre autonomie.




 1.30  Récapitulation chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   




Le bien-être n'est pas un état passif, mais bel et bien une inclinaison paisible assurée par la satisfaction des besoins de l'individu et la présence d'une balance positive, soit l'équilibre des activités de régénérescence et la conservation des fonctions organiques. La souffrance est la rupture du bien-être. Elle est traditionnellement interprétée comme résultant du mal, soit une des deux composantes de la dualité.

Cette croyance, un dogme, se manifeste sous la forme de malchances, de malheurs, de malaises, de maux ou de maladies. Elle est omniprésente dans l'histoire et déteint sur notre perception globale de la réalité. De plus, cette division entre le bon et le mauvais engendre une lutte de pouvoir afin de réprimer ou de dissimuler les défauts ou les failles dont nous serions porteurs ou victimes. Ce combat facilite la substitution de nos besoins réels par des désirs qui ne servent qu'à soulager artificiellement l'illusion d'un manque à combler.

Le cerveau est le seul organe à pouvoir prendre une décision. Le reste du corps fonctionne selon des automatismes préprogrammés et ne peut être tenu responsable de notre souffrance. Ainsi, nos comportements font suite à des prises de décisions. Celles prises au détriment de nos besoins engendrent le risque de blessures et de perte d'autonomie.

Si la dualité est une croyance, ses conséquences n'en sont pas moins réelles. Au lieu de nous battre aveuglément contre la souffrance ou la douleur, la solution exige que nous en identifiions et modifiions la cause. C'est précisément à cette fin que se distingue l'approche systémique.





 2.00  L'approche systémique


 2.10  Introduction chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



La dualité, de par ses deux pôles irréconciliables, est à l'origine de la relation de pouvoir. Elle sert de justification au stress, aux maux, aux blessures et à la souffrance qui lui sont associés, ainsi que d'excuse aux comportements qui les provoquent.

Artiste: Alice Kelley

L'émergence d'un point de vue systémique nous offre désormais la possibilité de mieux comprendre la souffrance humaine et d'établir une base intelligible et durable de solution pour en réduire l'incidence. Il est fondé non pas sur la croyance dualiste, mais exclusivement et explicitement sur la réalité objective, l'ordre.

La principale propriété d'un système vivant se nomme l'intégralité. Elle fut initialement décrite de façon générale par le philosophe grec Aristote ([i] Métaphysique [/i], IV [sup] e [/sup] s. av. J.-C.). Son application au domaine de la santé n'apparaît qu'à la fin du dix-neuvième siècle (1895) par la découverte de la chiropratique qui reconnut que l'intégralité d'un système complexe nécessitait l'action d'un contrôleur, d'une intelligence innée.




 2.11  L'intégralité chapitre précédent  chapitre suivant • Table  • Haut   



"Intégralité signifie totalité, au sens de complet et indivisible."

Traduite de l'expression anglaise "holistic", l'intégralité* réfère au fait que l'existence d'une partie d'un organisme ne peut être complètement comprise à l'extérieur de sa relation avec l'ensemble, c'est-à-dire le système en entier.

Si, pour l'étudier, il est utile de subdiviser le corps humain en différentes parties, la compréhension de la nature, de la structure et du fonctionnement d'une de ses parties serait gravement déficiente sans l'appréciation systémique, c'est-à-dire de sa relation avec la totalité de l'organisme.

En dissociant et en isolant l'activité d'un tissu ou d'un organe du reste de l'ensemble, une variation de son fonctionnement pourrait être interprétée, à tort, comme étant le résultat d'une erreur, d'un désordre ou d'une défaillance. Ainsi, le culte de la dualité se perpétuerait en reproduisant la fragmentation de notre organisme en parties bonnes et mauvaises. C'est le réductionnisme médical, justifiant le développement et l'exploitation sans borne des armes pharmaceutiques.

En réalité, un organisme vivant est un système infiniment plus complexe que la simple addition de ses parties. Pour être complet, et c'est d'ailleurs ce qui le distingue d'un objet inanimé, il nécessite trois caractéristiques fondamentales :



  • 1- Une séquence :
  • le plan établissant l'ordre spécifique du dévelop-pement complet d'un organisme. Elle ne se limite pas aux étapes de la croissance physique mais inclut l'évolution potentielle de l'individu dans sa totalité, jusqu'au terme de sa vie.

  • 2- Des ressources :
  • les éléments essentiels au déploiement de la séquence. Il s'agit des éléments constitutifs (ex. nutrition, respiration) et informationnels (ex. apprentissage) issus de la relation et de l'interaction entre l'individu et son environnement.

  • 3- Une intelligence innée :
  • le pouvoir d'actualiser, de mettre à jour la séquence. Il ne s'agit pas du pouvoir de la modifier, mais celui d'as-surer en permanence le dynamisme et la progression de son déploie-ment. Par ailleurs, elle anticipe et supervise l'approvisionnement des ressources en fonction des besoins actuels et futurs (prospection).

Tableau 3. Caractéristiques fondamentales d'un être vivant.

En résumé, pour être vivant, un organisme a besoin d'un plan, de matériaux et d'un contremaître pour assurer la réalisation et l'intégrité du projet. L'assemblage interactif de ces trois composantes constitue [i]l'intégralité[/i] d'un système vivant. Parmi ces éléments, l'intelligence innée est la moins connue et, pourtant, elle est essentielle au maintien de la vie et de sa qualité.


* - Intégralité : du lat. integralis, état complet d'un ensemble formant un tout.
Paronyme : Intégrité : du lat. integritas, état d'une chose entière et intacte.



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